L’éco-anxiété, on en parle ? C’est ce à quoi Gwenaëlle et Lucie, référente et coordinatrice de l’antenne Sarthe des Petits Débrouillards Grand Ouest, se sont attelées dans le cadre d’une journée thématique organisée avec le Graine Pays de la Loire. Elles nous racontent, au détour de quelques questions.

Qu’est-ce que le Graine Pays de la Loire?

Gwénaëlle : c’est un réseau qui fédère les acteurs d’éducation à l’environnement et à la transition écologique à l’échelle régionale, et notamment Les Petits Débrouillards Grand Ouest. A travers ce réseau, nous avons par exemple accès à des outils pédagogiques dont nous pouvons nous saisir pour nos animations.

Lucie : le réseau porte également des formations sur différents sujets tout au long de l’année et organise des journées d’échanges, qui fonctionnent un peu comme des appels à projets. Les membres partenaires qui souhaitent se proposer pour l’animation d’une de ces journées candidatent. C’est ce que nous avons fait pour la journée “éco-anxiété”.

Pourquoi avoir choisi d’animer cette journée d’échanges sur l’éco-anxiété ?

Lucie : lorsque nous animons des ateliers sur les transitions écologiques, nous sommes confrontés à des crispations, soit de la part de personnes très engagées qui, dans leurs échanges peuvent manifester de l’éco-anxiété, soit de la part de personnes qui sont un peu réfractaires à entendre parler du réchauffement climatique etc…et réagissent par le déni. Les transitions écologiques sont un sujet socialement fort. Le terme d’éco-anxiété circule par ailleurs beaucoup dans les médias, à la télévision, sur les réseaux avec peu d’explications.

Gwénaëlle : cette thématique résonne aux Petits Débrouillards, elle invite à s’interroger sur nos postures en tant qu’animateur·rice : “comment réagir devant des personnes éco-anxieuses ?”

Quel a été le déroulé de la journée ?

Gwénaëlle : avec une soixantaine de participant·es, le déroulé a été structuré autour d’une alternance de séances plénières et d’ateliers. Pour ces derniers, Les Petits Débrouillards ont proposé différentes thématiques. Ceux de la matinée étaient orientés sur la posture de l’animateur·rice et/ou de l’éducateur·rice lors d’intervention sur les transitions écologiques. Dans ce cadre, j’ai présenté l’outil “Imagine ta ville/ta campagne” et mis en avant les questions que cette animation peut susciter et les liens avec l’éco-anxiété.

Lucie : les ateliers de l’après-midi portaient davantage sur ce que recouvre l’éco-anxiété et les mécanismes associés. J’ai pour ma part conçu et animé un atelier sur la dissonance cognitive comme facteur d’éco-anxiété. Il s’articulait autour de la question suivante “si on vous offrait un voyage aller-retour en avion pour une destination lointaine qui vous fait rêver, que feriez-vous ?”. L’idée était que chacun, dans un premier temps, réfléchisse individuellement à sa réponse, puis la confronte avec des témoignages d’autres personnes. Cela a permis de mettre en lumière que nous avons toutes et tous, en nous, des schémas de dissonance cognitive.

Quels ont été les retours sur ces ateliers ?

Gwénaëlle : ils ont été bons pour l’ensemble de la journée. L’atelier d’échanges de paroles avec la psychologue, qui a éclairé la notion d’éco-anxiété en plénière, a été particulièrement apprécié.

Lucie : s’agissant des ateliers Petits Débrouillards, je pense que la dimension scientifique apportée a été appréciée ainsi que notre posture qui consiste à essayer de comprendre et de ne pas être dans le jugement.

Et pour vous, quelles suites donner à cette journée ?

Gwénaëlle : je pense que l’idée de groupes de paroles sur le sujet pourrait être reprise et déployée au sein des Petits Débrouillards Grand Ouest. Il faudrait juste trouver le temps ! (rires) C’est aussi là un autre intérêt des journées organisées par le Graine : prendre le temps de réfléchir à des sujets émergents, de manière collective.

Fleche Orange Vectores, Ilustraciones y Gráficos - 123RF “Aborder la notion de risques environnementaux sans créer d’éco-anxiété” : les actes de la journée sont téléchargeables ici